La solitude comme espace de transformation intérieure pour les entrepreneurs et dirigeants
- Gérard Baglin
- 15 janv.
- 6 min de lecture
La solitude est souvent vécue comme une mise à l’écart, une perte de lien ou une fragilisation intérieure.Chez les entrepreneurs, les dirigeants et les porteurs de projets, elle apparaît fréquemment à des moments charnières : création, transmission, développement ou remise en question profonde.
Pourtant, cette solitude n’est pas toujours un échec relationnel. Elle peut devenir un espace de transformation intérieure, un lieu discret où quelque chose cherche à se réorganiser, à se dire autrement.
Ce texte explore ce moment particulier où le retrait apparent du monde n’est pas un abandon, mais un déplacement intérieur nécessaire pour rester fidèle à ce que l’on devient.

Quand la solitude n’est pas une rupture mais un déplacement intérieur
Il y a un moment dans la vie intérieure où les liens qui nous entouraient autrefois commencent à se modifier sans bruit, ce n’est pas une rupture brutale, c’est une sorte de déplacement silencieux presque imperceptible. Comme si le paysage affectif perdait peu à peu ses couleurs familières.
Les messages deviennent plus rares, les rencontres se font plus espacées et l’on sent naître une interrogation discrète.
L’esprit humain a tendance à interpréter ces silences comme un signe de désintérêt ou de rejet.
Cela peut être interprété comme une faute de notre part ou une insuffisance que nous aurions dû mieux comprendre alors que l’on va découvrir un mouvement plus intime.
Or, ce n’est pas le monde qui s’est éloigné, c’est nous qui sans nous en rendre compte, on commence à regarder ailleurs ; à écouter d’autres besoins. À chercher un espace où notre sensibilité puisse respirer.
Ce glissement intérieur se manifeste lorsque l’on s’éloigne de ces compromis, avec ce qui est superficiel.
Ce n’est ni un jugement, ni une volonté de se sentir supérieur.
C’est simplement le résultat naturel d’un changement de fréquence émotionnelle.
Lorsque l’on ne peut plus se forcer à participer à des conversations creuses, à des rituels sociaux répétitifs, à des échanges qui tournent autour du bruit plutôt que du sens.
La vie se réorganise à sa manière et retire délicatement ce qui n’a plus d’ancrage en nous et laisse place à une nouvelle forme de présence.
Cette forme de réajustement surprend même lorsqu’il est nécessaire. Il provoque une légère douleur, une sorte de nostalgie tranquille.
On a souvent le sentiment de voir une transformation comme une perte. Pourtant les relations que l’on garde pour habitude ne reposent pas sur la profondeur mais sur le confort de ce qui est connu. Et quand l’on commence à écouter ce qui se passe à l’intérieur, ces liens qui reposent sur la répétition plutôt que de la sincérité se révèlent comme des constructions fragiles qui ne peuvent traverser les changements de notre monde intérieur.
On découvre que les vraies relations ne sont pas celles qui nous distraient mais celles qui nous parlent. Et l’on comprend aussi que de nombreux attachements n’étaient pas là pour nourrir notre sensibilité, mais pour nous aider à ne pas sentir le vide que l’on supportait en soi.
Le vide intérieur : un espace d’écoute et de maturation affective
Ce vide n’est pas un ennemi. Il n’est pas une menace à fuir.
Il est encore un espace inexploré, une partie de soi qui demande plus d’attention que de compensation.
Lorsque l’on accepte de remplacer le silence par une présence extérieure, un espace subtil commence à émerger.
Le silence qui autrefois apparaissait comme inquiétant devient un terrain d’écoute.
Il permet de percevoir des nuances que le bruit social masquait depuis longtemps. On découvre que beaucoup de nos gestes, de nos paroles et même de nos relations étaient motivés non par un véritable désir de partager, mais par la peur de se retrouver face à soi-même.
C’est souvent dans cet espace dépouillé que l’on comprend la différence profonde entre être seul et se sentir seul.
Être seul peut devenir un acte de cohérence intérieure, une manière d’habiter sa vie sans chercher en permanence des témoins.
Se sentir seul en revanche naît presque toujours d’un abandon de soi, c’est lorsque l’on confie à l’autre la tâche impossible de combler nos propres manques, que l’on glisse vers une dépendance silencieuse.
Cette dépendance ne se manifeste pas toujours par des mots et des gestes évidents.
Nous rencontrons souvent des gens entourés de beaucoup de monde qui vivent une solitude plus profonde.
Être seul ou se sentir seul : une distinction essentielle pour se construire
L’agitation extérieure n’est pas le remède contre le vide intérieur.
Elle en est parfois le masque et il arrive que l’on comprenne tardivement que la quantité de liens n’a jamais été une garantie de qualité.
Ce qui importe réellement c’est la capacité à rester présent à soi lorsque le monde extérieur cesse de répondre comme on l’attendait.
C’est là que commence une étape essentielle du développement affectif. Celle où l’on cesse de courir après chaque course de distraction émotionnelle.
Ne plus chercher compulsivement des stimulations permet de laisser remonter ce qui jusque-là était enfoui sous des couches de bruit.
Cette pause n’est pas un arrêt ; c’est une forme d’attention. Elle révèle ce que l’on a vraiment besoin de comprendre, ce que l’on a négligé, ce que l’on attendait des autres sans jamais se l’accorder à soi-même. Au fil de ce processus, la solitude cesse d’être ce territoire menaçant.
Elle devient un lieu de passage où l’on retrouve la capacité d’interpréter son propre monde intérieur.
Ce qui paraissait vide devient espace.
Ce qui semblait douloureux devient compréhension.
On cesse de confondre validation et affection, présence et amour, compagnie et lien. Et on découvre que la maturité affective ne commence pas lorsque l’on rencontre les bonnes personnes, mais lorsque l’on devient capable de tenir debout sans craindre les moments de retrait.
La maturité affective commence lorsque l’on cesse de se fuir
À mesure que l’on avance dans ce cheminement, une transformation silencieuse s’opère dans notre manière de nous relier aux autres.
Notre manière de percevoir le monde s’est déplacée.
Les conversations qui tournent rond, les habitudes sociales répétées, les relations qui se maintiennent plus par politesse que par envie.
Tour ça commence à peser d’une manière nouvelle.
Ce n’est pas du rejet, c’est un signal intérieur qui indique que l’on ne peut plus s’ajuster à des dynamiques qui ne correspondent plus à ce que l’on devient.
Il se crée alors une tension discrète entre la loyauté envers le passé et la cohérence avec le présent (*).
(*) extrait d’une contribution de Boris CYRULNICK.
Accompagner la solitude des entrepreneurs dans les périodes de transformation
Je m’adresse à vous entrepreneurs, porteurs de projets, vous tous qui cherchaient à exprimer votre singularité, vous êtes confrontés au regard de votre environnement qui vous a construit, façonné et arrivez un moment où vous souhaitez vous libérer de cette enveloppe pour exprimer votre identité, votre créativité.
Cette loyauté envers le passé et ce désir d’un futur rêvé, imaginé rend difficile la cohérence et la sérénité du présent.
Tout va se jouer dans la gestion de cette tension entre le passé et le futur désiré.
J’ai rencontré bon nombre de clients au moment de la création, de la transmission et aussi du développement de leur entreprise ou de leur projet, ont renoncé à leur projet tiraillés qu’ils étaient entre cette loyauté envers le passé et l’affirmation d’une nouvelle identité, d’une nouvelle personnalité qui aimerait se réaliser à travers un projet.
Ce sentiment de solitude vécu vient de cet éloignement, de cette rupture avec un environnement (famille, collègues, amis…) qui ne comprend pas cette mise à distance et veut nous retenir.
Comment rejoindre sans culpabilité ce futur qui n’existe pas encore et qui ne demande qu’à émerger ?
Cette tension discrète, mais quelquefois douloureuse est vécue par toutes personnes qui souhaitent s’éloigner ou rompre avec un passé de souffrance, d’inhibition ou plus positivement, animés par un désir de changement.
Vivant cette solitude, vous pouvez être tenté d’abandonner ou de souhaiter une rupture totale avec ce passé qui vous a construit.
Dans ces moments, on pourrait croire que le monde s’éloigne mais souvent, c’est simplement nous qui commençons à nous écouter davantage.
Cette solitude va être vécue comme un vide intérieur. Mais ce vide n’est pas ennemi. Il est un territoire encore inexploré, un espace d’ouverture et de nouvelle naissance.
Ce vide intérieur va devenir un espace de transformation.
Ce moment de transmission, de création réussira s’il est accompagné par un professionnel.
Mes 50 années de pratique professionnelle de psychothérapeute, de sophrologue, de psychanalyste, de coach, et de Transformeur auprès de dirigeants, d’entreprise, de sportifs, mais aussi de toutes personnes en recherche de mieux être, m’autorisent à vous proposer cet accompagnement.
Traverser ces périodes de solitude demande parfois plus que du courage.
Cela demande un espace d’écoute, de mise en sens, où ce qui se transforme peut être accueilli sans être jugé ni précipité.
Lorsqu’un entrepreneur, un porteur de projet ou toute personne en transition traverse ce moment de tension entre le passé et ce qui cherche à naître, être accompagné permet de ne pas confondre isolement et abandon de soi.
Je propose un entretien de découverte, un temps d’échange pour comprendre ce qui se joue pour vous et envisager, si cela fait sens, un accompagnement ajusté à votre situation.



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